Un an sans soutif – Histoire d’une expérimentation personnelle

« Lassæ de devoir racheter des soutifs, iel prend une décision qui va vous étonner ! ».

(Oui, j’avais envie de commencer cet article par un clickbait, juste pour le fun).
Il y a un an environ, j’en ai eu de plus en plus marre de porter des soutien-gorges, alors avec le début du beau temps, j’ai peu à peu arrêté d’en porter. Et je me suis dit que, vu que c’est un sujet qui semble encore relativement tabou, ça pouvait peut-être intéresser des personnes que d’avoir des retours d’expériences !

Donc, déjà, je pense que c’est important de savoir pourquoi moi j’ai pris cette décision. C’est à la fois une question d’honnêteté et une question de représentation, pour les personnes parmi vous qui pourraient avoir rencontré les mêmes questionnements.

Honnêtement, le facteur déclencheur, c’est le fait qu’en deux ans, j’ai pris deux tailles de bonnet. Ce qui veut concrètement dire que deux ans d’affilée, j’ai dû renoncer à tous les soutien-gorges que je portais jusque là (devenus trop petits) et en racheter. Ce qui, entre mon manque de temps pour faire les magasins et le PRIX de ces trucs, a déjà commencé à me saouler.
Parce que clairement, déjà quand je faisais du D, ça me coûtait un bras pour acheter un seul de ces trucs. Dès qu’on dépasse du C, beaucoup de marques ne proposent plus rien, donc niveau choix on se retrouve assez vite limitæs. Mais en plus, la plupart des marques pas trop chères proposent des produits qui tiennent absolument pas. Par exemple : Undiz c’est mignon, Undiz y’a plein de modèles, y’a plein de trucs originaux, ça change ! En plus, c’est pas super cher ! Mais Undiz… Bah clairement, autant le bonnet est adapté, autant la qualité du produit ne permet pas un bon maintien, donc au final tu te retrouves quand même à aller chercher des soutifs qui te coûtent dans les 60 euros tout en pensant au fait qu’avec la baisse des APL ça revient à un soutien-gorge en moins par an.
Mais ça c’était quand je faisais du D. Ou du E. Mais MAINTENANT QUE JE FAIS DU F, C’EST ENCORE PIRE.
Personnellement, la marque que je prenais jusque là a atteint ses limites : je me sentais plus maintenu’e nulle part. Je suis donc naturellement allæ voir si je trouvais mieux ailleurs, et un seul constat : il semblerait que pour les personnes qui élaborent les modèles, à partir du F tu as forcément des goûts de vieille personne qui a abandonné tout goût à la vie. Alors je sais que je suis très « coup de cœur » dans mes choix de vêtements mais bon, dans à peu près n’importe quel magasin de sous-vêtements je peux trouver un truc que je vais trouver choupi ou sexy. Mais juste… Pas en F. Parce que les magasins qui font du F vont te proposer des couleurs pétillantes comme… Le blanc, le chair, le noir, le gris. Youhou. De plus, le design est tellement follichon que tu te demandes si l’objectif de la personne qui les a cousu n’était pas de détruire la libido de toute personne qui poserait les yeux dessus. Qu’on soit clair : je ne dis pas qu’un sous-vêtement doit forcément éveiller un désir sexuel, par contre il est quand même supposé donner envie d’être porté, pas de balancer un cocktail Molotov dans le rayon afin d’abréger les souffrances de l’humanité.
Bref, vous l’aurez compris : ça coûte cher, c’est de plus en plus difficile d’en trouver au fur et à mesure que ta taille de bonnet augmente ET à partir d’un certain seuil, ça te donne même pas envie d’en porter.
Déjà là j’en avais marre. Mais en plus, j’en avais assez marre des douleurs associées. Marre d’attendre d’être rentræ chez moi pour l’enlever et ressentir le soulagement intense de l’instant où tu as enfin dégrafé la chose. Marre de sentir les baleines essayer de scier tes côtes ou de voir si il y a moyen de s’enfoncer dans ton sein. Marre de sentir les bretelles essayer de creuser dans tes épaules. Marre de sentir qu’avec la chaleur, ton organisme pense que c’est une zone de stockage de transpiration et qu’il s’imbibe lentement au fur et à mesure que la journée passe (et encore j’ai de la chance, je transpire assez peu). C’était juste profondément désagréable en permanence. Puis bon, soyons honnêtes, plus il fait chaud moins t’as envie d’avoir d’épaisseur de vêtements sur toi, et vu que c’est apparemment encore illégal d’être torse nu’e quand tu as des seins (paye ton égalité des genres/sexes), c’est pas ton haut dont tu vas pouvoir te débarrasser au quotidien.
Enfin, dans le lot, je me dois de mentionner qu’un élément qui m’a fait me poser la question, c’est la rumeur du soutien-gorge qui nuirait au développement de certains muscles qui permettent au sein d’être maintenu naturellement. Macroscopie, une scientifique dont je recommande la chaîne YouTube, a fait toute une série de threads Twitter sur ce qui était scientifiquement prouvé sur la question du port (ou non) du soutien-gorge, que je vous conseille donc de lire si le sujet vous intéresse ! (Voilà le Thread 1Thread 2 le Thread 3 et le Thread 4)

Donc voilà, avec toute cette accumulation de gouttes d’eau et malgré ma patience et mon sèche-cheveux, le vase a débordé et je me suis dit que j’allais tenter de voir ce que ça donnerait.
Déjà, il faut savoir que l’été précédent, motivæ entre autres par le très bon article de Marella Le Soutien-gorge et moi, j’avais déjà profité d’être accompagnæ d’une autre personne pour sortir sans en porter, histoire de voir. Je vais pas vous mentir, étant moins affirmæ à l’époque et n’aillant aucune idée d’à quel point ça pouvait se voir je mettais les T-shirts les plus discrets possibles et je ne testais que le soir, histoire de profiter de l’obscurité pour que ça se remarque encore moins ! Ça s’est toujours bien passé, comprendre : je n’en suis pas mort’e foudroyæ par la colère de la Sacro-Sainte Convention Sociale, personne n’a relevé et c’était moins désagréable que d’en porter.
Quand je me suis lançæ l’an dernier, j’ai au début commencé par ne pas en porter pour des trucs basiques, où j’étais à l’aise. Pour descendre les poubelles, aller chercher le courrier, aller travailler chez des ami’e’s proches qui, d’après mes estimations, n’en auraient rien à cirer (plot twist : iels n’en avaient effectivement rien à cirer). Puis, j’ai continué en présence de ma famille, j’ai passé une semaine de vacances avec mes meilleur’e’s ami’e’s sans, et : toujours pas de problème. Quand la rentrée scolaire est arrivée, il est arrivé que je reporte un peu de soutien-gorge, mais souvent je choisissais des hauts un peu plus discrets pour que ça se remarque peu et je ne portais rien parce que très vite, je me suis rendu’e compte que le port du soutif me faisait de plus en plus mal après m’être habituæ à ne plus en porter. Et, rapidement, le froid est arrivé et avec les vêtements plus couvrants, voire en plusieurs épaisseurs, là où personne ne remarque rien la plupart du temps.
Rétrospectivement, c’est ce que je conseillerais à toute personne qui envisage de faire de même : y aller progressivement, à son rythme. Si vous vous lancez là-dedans c’est qu’a priori, c’est quelque chose qui est mieux pour vous (plus agréable, plus cohérent avec votre personnalité, peu importe, il y a probablement autant de raisons que de personnes !), mais changer une habitude, surtout une habitude aussi ancrée dans la société, c’est stressant. Et ce serait dommage de vous mettre la pression et vous stresser alors que vous pouvez y aller par petit pas, que ce soit pour tester ou parce que c’est le projet qui va révolutionner votre monde !

Enfin, pour vous donner une idée de tout ce qui a pu se passer sur ce sujet absolument trépidant qui occupe mes pensées à chacune de mes minutes (non, c’est pas plus important ou intéressant que la couleur de mes chaussettes en soi), voici quelques retours sur des craintes qui m’ont été exprimées :
– Tant que je ne cours pas vite (trotter ça passe), ça ne me fait pas mal. Éventuellement, sur quelques mouvements, genre descendre des marches rapidement, vous allez sentir vos seins bouger (ce qui arrive moins avec un soutien-gorge), mais c’est du même niveau que les cheveux qui bougent avec le vent : perturbant quand on n’a pas l’habitude, puis on ne remarque absolument plus. Pour toute activité sportive par contre, le port d’un soutien-gorge adapté est recommandé pour éviter les lésions tissulaires.
– Ça arrive probablement que des gens le remarquent dans la rue mais en tout cas personne n’est venu me faire chier là-dessus.
– Oui, en fonction de différents facteurs, il arrive que se produise le phénomène absolument naturel et physiologique appelé « Ciel ! Un de mes tétons pointe ! Le ciel va-t-il nous tomber sur la tête ? » (Spoilers : non). Pareil, pour le moment tout le monde n’en a strictement rien à cirer. De plus, j’ai déjà noté que ça pouvait se voir alors que je portais trois épaisseurs de vêtements par dessus : si ça peut encore se voir à ce stade, ce n’est pas la pauvre épaisseur de tissu en plus que constitue un soutien-gorge qui va changer grand chose.
– Attention, si comme moi vous aimez porter des chemises (ou que vous êtes amenæs à en porter pour votre travail), le bouton entre les deux seins qui saute à cause d’un sac en bandoulière ou d’une pression trop forte de votre poitrine cherchant désespérément à s’échapper peut devenir un chouïa plus gênant quand vous ne portez rien en dessous ! En hivers je porte souvent un débardeur sous mes chemises donc la question se pose peu, mais en été vérifiez bien le boutonnage de vos chemisiers si vous ne portez rien en dessous.

Bref, voilà pour ma petite expérience personnelle, j’espère qu’elle servira à celleux qui se posent des questions et/ou hésitent à passer le cap.
N’hésitez pas à partager votre expérience si vous avez tenté (avec succès ou non), c’est toujours très intéressant d’avoir des retours d’autres personnes, surtout sur des sujets si peu abordés ! Et si vous avez des craintes ou besoin d’astuces supplémentaires, n’hésitez pas à poser des questions dans les commentaires, ils sont aussi là pour ça !
Prenez soin de vous et passez un merveilleux mois de juin !

Une réflexion sur “Un an sans soutif – Histoire d’une expérimentation personnelle

  1. Salut,

    Perso je ne porte pas de soutiens-gorges seulement l’été depuis 2 ou 3 ans maintenant.
    La raison, comme toi, c’est la transpiration, et cette couche de vêtement inutile qui donne chaud.
    Je ne le fais pas l’hiver car j’ai rapidement froid aux seins à couches de vêtements identiques aux autres parties du corps, du coup c’est vite désagréable.
    Comme toi, je conseille d’y aller progressivement. Le travail par exemple, ce n’est pas le 1er endroit où je me suis rendue sans soutien-gorge, j’avais besoin de jauger les réactions dans des contextes moins compliqués d’abord (amis, vacances, rue).
    Je pense que ça se voit, parce que je ne fais pas l’effort de ne pas mettre de hauts moulants, et que j’ai des tétons plutôt volumineux qui se voient même quand ils ne pointent pas. J’ai une collègue proche qui m’a posé la question d’ailleurs, et il n’y a pas eu de jugement de sa part, ni des autres collègues qui étaient présentes. C’est quelque chose qu’elles n’envisagaient pas pour elles par contre.
    Jamais été emmerdée dans la rue non plus, alors que dès qu’on trottine ou qu’on prend des escaliers, ça bouge de partout (sans faire pour autant mal), il paraît que c’est impressionnant.
    Au final je suis bien contente, dès qu’il fait un peu chaud je me débarrasse de ce truc chiant, et tout se passe bien.

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